L’art n’a
fait son entrée que très récemment dans le monde hospitalier. Pourquoi
donc l’art et l’hôpital étaient-ils à ce point étrangers l’un à l’autre
? Si tant est que l’art exerce une fonction dans la vie de tous les
jours, fonction au demeurant forcément complexe, on imagine mal s’en
passer dans sa vie en général, tant le monde qui nous entoure en est
imprégné.
L’expérience d’une hospitalisation, même courte et pour une
raison bénigne, est toujours vécue comme traumatisante, en particulier
parce que le patient se trouve soudainement, et sans qu’il l’ait
souhaité, coupé de ses repères personnels. À cela se rajoute bien sûr
l’angoisse liée à l’état de santé et aux incertitudes pour l’avenir.
Tout ce qui peut concourir à rapprocher le patient du « monde des
bien-portants » qu’il souhaite réintégrer le plus tôt possible et qui de
plus peut atténuer l’angoisse du moment doit être favorisé.
L’art, parce qu’il
peut contribuer à atteindre de tels objectifs, a ainsi fait son entrée
dans l’hôpital (voire en particulier l’expérience des Hôpitaux
universitaires de Genève :
http://karaart.com/hug).
L’ensemble de la filière de soins des accidents vasculaires cérébraux en
Martinique, a pris en compte cet impératif, et l’a inclus dans ses
missions. Ainsi, l’unité neurovasculaire du CHU de Fort-de-France a fait
appel à un peintre martiniquais, Luc Brival, qui dirige l’école « Neige
Créole », pour la décoration des mûrs du couloir de l’unité (voir photos).
Le site du réseau ERMANCIA fera bientôt l’objet d’un travail similaire,
tandis qu’une opération impliquant les élèves de « Neige Créole » et
intitulée « Les enfants peignent pour les malades » a été réalisé pour
la
Noël 2006 (voir photos).